| Chants de marins | Chants de clippers |
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Les matelots du long-cours se targuent à juste titre d'exercer, de tous les métiers de la mer, le plus "marin". Toute leur force de travail, toute leur science - qui est immense - est consacrée à l'art de gréer, d'entretenir et de manœuvrer la machine complexe qu'est le navire à voile; pas de temps consacré à la pêche ou à guerre, peu à la manutention des cargaisons. Le prestige des navigations a,u long-cours est d'ailleurs considérable (même si la conduite d'un petit caboteur dans les eaux dangereuses du Nord-Ouest européen demande plus de finesse manœuvrière !). ou bien la Chanson du marchand d'hommes, aujourd'hui peu connue, qui décrit de façon vivante et précise l'arrivée du long-courrier et son court séjour au port :
Totalement dépendants de leur métier, les matelots sont vite coupés de leur milieu d'origine, deviennent des déracinés, voire des prolétaires. Une culture spécifique s'est ainsi élaborée, avec des croyances particulières, une littérature orale originale (contes, dictons marins, chants), et un vocabulaire hermétique aux non-initiés, qui est toujours la marque des vraies chansons de bord des long-courriers. Voilà pourquoi sans doute le capitaine Hayet, bien imprégné des préjugés propres à ce milieu, n'a voulu considérer comme marin que le répertoire du long-cours : les fameuses "dix-huit chansons de bord" (C'est-à-dire les quatorze chants publiés en 1927, plus la Carméline, le Navire merveilleux, le Bidon et le Curé de Landévant). Celles-ci constituent presque un code secret des matelots, c'est leur monde. Revenus à terre, ils ne les chanteront plus, leurs femmes ne les entendront pas, et les collecteurs auront bien du mal à se les faire chanter. Les autres marins ne s'y trompent d'ailleurs pas: "Ah non, ça c'est une chanson de long-courrier" disent bien souvent les terre-neuvas à qui l'on parle de jean-François de Nantes ou du Pont de Morlaix. Les escales se font dans les grands ports (Rotterdam, Hambourg, Liverpool, San Francisco, Sydney...) mais aussi sur les rades des Antilles et surtout (au 19e siècle) dans les ports chiliens du nitrate et du guano. Dans ces ports se constitue un répertoire qui, par certains aspects, est international (même si les équipages français, relativement homogènes, conservent une originalité dans le monde cosmopolite des grandes marines de commerce
nordiques et anglo-saxonnes). Un des chants les plus représentatifs, en l'occurrence, est Good bye farewell .. ce classique des appareillages dans les baies chiliennes était repris, chaque fois qu'un des deux cents navires en rade levait l'ancre, par des centaines de matelots de toutes nationalités. Moment inoubliable pour ceux qui l'ont vécu. Sa mélodie est un mélange de deux shanties anglaises: Good bye farewell et Blow the man down. |
Merci au![]()
pour sont beau livre
Le Chant de Marin
dont est tirée cette page
(voir bibliographie)